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AMALIA FIEUZAL

01/04/2017

PROJET

''Mon travail est enlacé dans le quotidien de la jeunesse des quartiers populaires, à mi-chemin avec la ''street photography'', je documente la culture urbaine contemporaine, les lieux qui l'incarnent et les gens qui la constituent.

'Untitled'' © Amalia Fieuzal

La série présentée est le résultat de mes déambulations les plus récentes. Réalisés à l'aide d'un dispositif argentique minimal, mes prises de vues frontales et mes éclairages crus mettent en scène des sujets humains évoluant au coeur de l'environnement urbain.''

'Untitled'' © Amalia Fieuzal

'Untitled'' © Amalia Fieuzal

Entrevue avec l'artiste

H : À mi-chemin entre le documentaire de rue et l'album de famille, tu sembles faire partie de l'environnement que tu présentes. Comment décrirais-tu ton approche?

A : Mes photographies sont spontanées. Elles sont le résultat d’expériences, de flâneries et d’aventures du quotidien. Elles sont une sorte de mise en scène de la réalité. Mais je peux prendre un certain temps avant de développer une pellicule. J’aime les laisser dormir pour les redécouvrir ensuite. Certaines, je les développe et les laisses dans un coin, car je ne les trouve pas assez intéressantes, puis un beau jour je retombe dessus et je les aime enfin.

'Untitled'' © Amalia Fieuzal

HQuels sont tes influences, visuelles ou autres?

A : En ce moment,je regarde beaucoup de jeunes photographes britanniques comme Théo Cottle, Chris Baker ou Adama Jalloh. Ils ont une façontrès brute de traiter leur sujet que j’adore. Il y a aussi les jeunes photographes français Yanis Dadoum et Axel Morin dont le travail est intéressant. Sinon je puise mes inspirations partout que ce soit dans les films, les magazines ou sur instagram. Le graffiti et la culture populaire en général sontégalement des influences importantes. 

'Untitled'' © Amalia Fieuzal

HTon travail gravite autour d'un groupe de personne en particulier, comment ce sujet/thème t'est-il venu?

A : Tout naturellement en fait. Durant ma maîtrise, je travaillais sur le thème de la ville que j’abordais par le biais de la flânerie. Il n’y avait pas d’être humain à ce moment-là dans mes photos. Peut-être parce que j’apprivoisais ma nouvelle ville. Mais peu à peu les gens qui gravitaient autour de moi sont devenus les personnages principaux de mes photos. Je ne dirais pas forcément que je prends en photo ce que je connais, mais plutôt que je prends en photo ce que j’explore.

'Untitled'' © Amalia Fieuzal

HL'utilisation du flash direct semble jouer un rôle important dans ton travail. Elle crée une tension palpable entre l'œuvre et le spectateur, comme une scène de crime. S'agit-il d'une intention particulière ou plutôt d'une limitation provenant du lieu ou autre?

A C'est une combinaison de circonstances. Cette série de photos se passe surtout la nuit dans des lieux où il y a peu de lumières, donc c'est certain que par moment l'utilisation du flash est inévitable. Mais j'aime son effet. Il produit des images très intenses et crues. Ce qui correspond très bien avec mes sujets en ce moment.

'Untitled'' © Amalia Fieuzal

'Untitled'' © Amalia Fieuzal

H :  Quelle importance donnes-tu à l'appareil photographique en tant qu'outil dans ta pratique?

A : Je n’ai pas vraiment choisi de caméras particulières au début. Au moment où j’ai décidé de travailler en argentique j’utilisais les caméras de l’école et celles qu’on me prêtait. Puis rapidement j’ai cherché à avoir les miennes ce qui s’est très rapidement transformé en ''gear acquisition syndrome''. J’en récupérais partout où je pouvais. J’ai fini par en avoir pas mal, des bonnes comme des moins bonnes. Avec le temps, je sais plus ce que je veux. Même si je n’ai pas encore la caméra de mes rêves ce n’est pas très grave, car comme on dit: la meilleure caméra c’est celle que tu as! Mais en ce moment je garde tout le temps ma petite Olympus dans mon sac, au cas où…

'Untitled'' © Amalia Fieuzal

HConsidères-tu ton travail par série ou plutôt comme une archive photographique perpétuelle?

A : Je prends des photos de façon constante à la manière d'une archive perpétuelle et avec le temps se dégagent des grands thèmes et des typesde prises de vues que je rassemble en séries. Encore une fois, c'est le recul permis par le temps qui me permet de donner un sens nouveau aux images en les associant les unes aux autres.

'Untitled'' © Amalia Fieuzal

HSur quoi travailles-tu actuellement, quels sont tes projets prochainement?

A :  Je vais faire des fanzines avec mes photos. J’ai très envie de les regrouper sur un support papier et de m’amuser avec ce genre de format. Et puis comme j’ai beaucoup exploré l'univers masculin, j’ai très envie de parler des femmes ces derniers temps, à suivre... 

'Untitled'' © Amalia Fieuzal

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Intervieweur : Jean-Sébastien Scraire est un artiste multidisciplinaire basé à Montréal. Pour en apprendre davantage sur son travail, visitez son site internet ainsi que son Instagram.

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