SANS TITRE |

DAVID NADEAU

01/11/2018

PROJET

« En habitant et en voyageant de lieu en lieu, je me suis mis à accumuler des images qui deviennent pertinentes dans leur représentation de mes idéaux de vivre en proximité avec la nature et de créer une bulle de la société. 

"Sans titre 5" © David Nadeau

En agissant naïvement et sans reconnaitre certains de mes privilèges, j’ai pris la route en faisant du pouce d’est en ouest au Canada comme rituel saisonnier d’été. Sans vraiment me soucier d’où j’irais, je prenais refuge sur les bords d’autoroute, parcs, plages et lieux infréquentés. En bref, je vois les images qui découlent de ces expériences comme un univers illusoire dans lequel je peux m’isoler et expérimenter les évènements comme s’ils étaient continuels. Ainsi, je me cache hors de la réalité et de ses risques en prenant confort dans la mémoire. »

"Sans titre 3" © David Nadeau

Entrevue avec l'artiste

H À quel moment as-tu débuté la photographie?

A :  J’ai débuté la photographie à l’adolescence. À l’époque, je cherchais un prétexte pour explorer la banalité du quotidien, rencontrer d’autres personnes, voyager et regarder. Ce fut un moyen de donner un sens à nombre de décisions absurdes, mais formatrices avec le recul.

"Sans titre 4" © David Nadeau

"Sans titre 6" © David Nadeau

H Comment sais-tu qu'un sujet ou un moment précis doit être capté?

A : À l’époque, je captais sans réfléchir. Souvent, ce qui attirait mon œil était un mélange du concret et de scènes imprécises. Avec le temps, j’ai pu voir ce qui en découlait, ce qui émanait de moi et de l’environnement que je fréquentais, et en tirer des corrélations, naïve ou consciente.

"Sans titre 1" © David Nadeau

H Avec du recul, existe-t-il une corrélation entre les images de ton archive?

A Bien sûr! Si je regarde le tout sans sélection, j’y vois beaucoup de mes trajets, de mes expériences de fin d’adolescence, des paysages de routes, atmosphères de ville, de campagne, mais surtout des scènes de nature où j’ai eu le privilège de faire plusieurs de mes images. Finalement, j’y vois la banalité de ma vie. Je vois aussi que lorsque je faisais face à cette banalité, plutôt que de l’accepter, j’explorais le médium en profondeur et je cherchais à abstraire ma réalité par l’exploitation du médium. Il existe beaucoup de ces superpositions dans mon archive.

"Sans titre 2" © David Nadeau

H Est-il important de partager ton travail avec le public?

A Certainement, puisque je cherche à rencontrer les gens qui se présentent aux expositions et à entendre leurs points de vue sur mon travail. Particulièrement dans le cas de celui-ci qui est, selon moi, plus personnel que social ou politique.

"Sans titre 7" © David Nadeau

H Quels sont tes projets à venir?

A Pour ce qui est à venir, je tente tranquillement de me détacher des supports numériques en cherchant à altérer l'aspect physique du médium photographique au point qu’il se désintègre.

 

Bien que ma prise de vue reste sensiblement la même, soit, motivée par les déplacements, je concentre mon regard sur les interactions entre la ruralité et les villes, entre la matière organique et les déchets résiduels, pour y fabriquer un livre qui devient victime de son usure, qui se désintègre par son interaction avec les éléments, qui devient une matière entre objet et déchet.

Intervieweur : Jean-Sébastien Scraire est un artiste multidisciplinaire basé à Montréal. Pour en apprendre davantage sur son travail, visitez son site internet ainsi que son Instagram.

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© Héliographe - Centre de promotion et de diffusion de la photographie émergente au Canada